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CAN XL

CAN XL : la prochaine étape de l'évolution de la communication CAN

CAN XL, prochaine évolution du CAN

Le CAN XL poursuit l'évolution du CAN — plus de capacité de données, plus de débit et rétrocompatibilité. Idéal pour les architectures zonales, la fusion de capteurs et une migration en douceur depuis les réseaux Classic CAN et CAN FD.

Depuis plus de trois décennies, le Controller Area Network (CAN) est l'épine dorsale des réseaux embarqués et des applications industrielles. Introduit avec le CAN classique, puis étendu au CAN FD, il franchit aujourd'hui une nouvelle étape avec le CAN XL, qui s'appuie sur les mêmes principes physiques tout en élargissant ses capacités.

Du CAN CC au CAN FD puis au CAN XL

Le CAN classique, avec ses débits jusqu'à 1 Mbit/s et ses huit octets de données par trame, a servi de standard pendant des années. Le CAN FD a permis pour la première fois jusqu'à 64 octets de données, avec commutation flexible du débit dans le champ de données jusqu'à 8 Mbit/s. Le CAN XL prolonge cette évolution : jusqu'à 2 048 octets de données par trame et des débits jusqu'à 20 Mbit/s en mode commuté. Il comble ainsi l'écart entre bus de terrain classiques et architectures de communication modernes fondées sur IP.

Structure et fonctionnement du CAN XL

L'innovation clé réside dans le format de trame XL (XLFF), qui étend la structure de base (ID CAN, longueur, octets de données) de champs supplémentaires. Le Priority Identifier (PID) sur 11 bits remplace l'identifiant de trame classique pour la priorisation lors de l'arbitrage ; l'identifiant de trame CAN, lui, migre vers un Acceptance Field dédié. Le Service Data Unit Type (SDT) définit le type d'information transportée (par ex. tunneling de CAN FD). Le bit SEC (Simple/Extended Content) indique l'usage d'en-têtes additionnels dans le champ de données — chiffrement ou fragmentation. Les champs DLC décrivent des longueurs jusqu'à 2 048 octets, réduisant l'overhead. Le Virtual CAN Network ID (VCID) permet d'affecter les trames à des réseaux virtuels, à la manière des VLAN Ethernet — un appui pour les architectures zonales. Enfin, des champs CRC additionnels sécurisent l'intégrité de l'en-tête et de la trame complète.

Câblage et transceivers SIC

Un atout majeur du CAN XL est l'utilisation de l'infrastructure physique existante. Comme le CAN classique et le CAN FD, il repose sur un bus à lignes CAN High et CAN Low, en topologie linéaire avec deux terminaisons de 120 Ω. La migration s'en trouve grandement simplifiée, les faisceaux existants étant souvent réutilisables. Le mode switching permet de basculer vers une transmission spécialisée en mode XL pour atteindre 20 Mbit/s : l'amplitude du signal est réduite à un volt, les changements d'état des lignes s'effectuant en push-pull. Si les trames d'erreur classiques sont limitées dans ce mode rapide, les champs CRC étendus garantissent une communication fiable. La bascule en mode rapide intervient pour la partie données de la trame, comme en CAN FD.

Câblage typique du CAN XL
Figure 1 : câblage typique du CAN XL (lignes CAN High / CAN Low, terminaisons 120 Ω).
Commutation de mode et champs additionnels de la trame CAN XL
Figure 2 : la commutation de mode permet des débits élevés tout en préservant la robustesse ; des champs additionnels de la trame CAN XL fournissent des méta-informations structurées pour les couches protocolaires supérieures.

Avantages et défis

Les atouts du CAN XL tiennent à la combinaison d'une forte capacité de données et de la rétrocompatibilité. Avec jusqu'à 2 048 octets par trame, on transmet efficacement non seulement des données capteur mais aussi des paquets IP, tout en réutilisant les infrastructures CAN existantes (environnements mixtes Classic, FD, XL). Particulièrement précieuse : la création de réseaux virtuels via VCID, pour des architectures zonales avec répartition de charge. En contrepartie, la complexité d'évaluation du protocole augmente, et au-delà de 8 Mbit/s le mode switching s'impose, limitant des mécanismes traditionnels comme les trames d'erreur. La norme de communication CAN XL (ISO 11898-1:2024) étant spécifiée, constructeurs et fournisseurs peuvent désormais passer à l'implémentation pratique.

CAN XL ou Automotive Ethernet ?

Le CAN XL se situe entre bus traditionnels et réseaux haut débit. Voici comment il se compare à l'Automotive Ethernet :

CaractéristiqueCAN XLAutomotive Ethernet
Débit maxJusqu'à 20 Mbit/sJusqu'à 10 Gbit/s
Taille de charge utileJusqu'à 2 048 octetsJusqu'à 1 500 octets (MTU standard)
MédiumPaire torsadée, 120 ΩPaire torsadée, coaxial, fibre
Topologie typiqueLigne avec petites étoilesÉtoile, arbre ou anneau
Domaines principauxArchitecture zonale, tunneling, fusion capteursDorsale, infotainment, haut débit
RétrocompatibilitéTotale avec CAN Classic et CAN FDAucune

Domaines d'application

Un domaine clé est la mise en œuvre d'architectures zonales : les calculateurs ne sont plus reliés en étoile à un ECU central, mais communiquent au sein de zones fonctionnelles et transmettent leurs données agrégées, réduisant le câblage. Le CAN XL peut aussi servir de médium de transport pour des messages CAN FD ou des données IP, remplaçant ou complétant les passerelles. En aides à la conduite et fusion de capteurs, les grandes charges utiles permettent de consolider efficacement les données capteur vers les unités de traitement centrales.

La solution PEAK-System : le CAN XL Starter Bundle

PEAK-System a répondu tôt à l'arrivée du CAN XL avec le CAN XL Starter Bundle. Outre l'interface USB-CAN PCAN-USB XL (mode switching, rétrocompatible CAN FD et CAN Classic), le bundle inclut la technologie de transceiver nécessaire et l'API PCAN-Basic pour l'intégration logicielle. De quoi tester le CAN XL en environnement mixte et accéder concrètement aux outils d'analyse et de développement : le point de départ idéal pour explorer le CAN XL dans des projets réels.

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